Depuis les années que nous, (aussi bien que les vétérinaires ou même les médias) prodiguons les conseils utiles pour passer d’agréables vacances sans mauvaises surprises avec votre compagnon, chien ou chat , vous devez être bien au courant des démarches à suivre.

Si tel n’était pas le cas parce que c’est la première fois que vous partez en vacances avec un chien ou un chat, demandez les renseignements à votre vétérinaire, c’est lui qui mieux que quiconque pourra vous donner les informations utiles.

Sachez toutefois que deux choses sont essentielles pour commencer :

tous les animaux (si vous partez à l’étranger), doivent être identifiés par « puce électronique », lisible dans tous les pays d’Europe. Le simple tatouage n’est plus suffisant.

chiens et chats doivent être munis d’une attestation de bonne santé et vaccinés contre la rage. Vaccin qui doit être fait, un mois à l’avance. Si vous n’y avez pas encore pensé, il est grand temps de vous rendre chez votre vétérinaire.

Un maître averti en vaut deux !

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LES VACCINS

Toujours utiles  à rappeler :

Les vaccins de base chez le chat :

  • La panleucopénie féline ou parvovirus félin ou typhus du chat
  • L’herpès virus félin
  • Le calicivirus félinAutres vaccins chez le chat :
  • La leucose féline (par exemple  pour les chats qui doivent se défendre lors de bagarres)
  • La chlamydiose (contre la bactérie chlamydia responsable de conjonctivites)
  • La rage (en cas de voyage à l’étranger).Les vaccins de base chez le chien :
  • La maladie de Carré
  • La parvovirose
  • Les adenoviroses : hépatite contagieuse canine et affections respiratoires canines
  • Les leptospiroses icterohaemorrhagiae et canicola.Autres vaccins chez le chien :   –   La rage (pour sortir du pays ou séjourner dans les campings)-   La toux des chenils : bordetella bronchiseptica et virus parainfluenzaVaccination de base chez les furets :–  La maladie de Carré.

    Christiane. Loeman

    Vétérinaire

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Allo Docteur, ma chatte Lulu crie et elle souffre ! 

Docteur, comment saurai je quand mon chaton aura atteint l’âge adulte ?

Lorsque votre chatte sera en chaleur, n’ayez pas d’inquiétude, vous le verrez et surtout vous l’entendrez, et vos voisins aussi ! La chatte en chaleur se roule par terre et pousse des miaulements très puissants qui ne ressemblent en rien aux petits « miaou »  pour dire bonjour.

– Mais Docteur, ma chatte vit en appartement, pourquoi faut-il la stériliser ?

Même si votre chatte ne sort pas, il faut savoir que l’ovulation n’est que rarement spontanée chez les chattes : ce n’est que par la saillie du mâle que les ovules se libèrent au niveau des ovaires, sans cette stimulation les ovules resteront en place, et au cycle suivant des nouveaux ovules iront se greffer par-dessus les premiers, les kystes ovariens ainsi formés libèrent beaucoup de folliculine : la chatte devient «  nymphomane »  et souvent urine partout dans la maison.

– A quel âge faut-il la stériliser ?

En Europe, la stérilisation se pratique entre 6 et 8 mois (7 mois). Mais aux E.U. et aussi en France une étude est actuellement en cours pour étudier les effets de la castration précoce des chatons à l’âge de 8 à 10 semaines, ces études portent sur les risques d’obésité, de fractures de Salter-Harris, de maladie du tractus urinaire et de troubles du comportement.

– Que pensez-vous de la pilule pour chatte, Docteur ?

La difficulté réside, outre l’administration hebdomadaire du médicament à votre chatte, à repérer le bon moment du cycle : les chaleurs sont saisonnières, au printemps et en automne et pendant ces 2 saisons elle reviendra en chaleur toutes les 3 semaines. La pilule qui contient de la progestérone provoque un état de fausse gestation dont les risques sont une inflammation de l’utérus (métrite )  mortelle si pas opérée d’urgence, et également le développement de tumeurs mammaires, dont malheureusement 95% sont des cancers malins.

Docteur, j’aimerais avoir une portée,  je cherche un « fiancé « pour Lulu

Il est question de voter une loi rendant la stérilisation de tous les chats européens obligatoire, Beaucoup de pétitions circulent pour empêcher ce projet qui est un non-sens et qui risquerait d’éliminer tout simplement la gent féline de notre pays, seuls les chats de race très coûteux auraient le droit de se reproduire. En tant que vétérinaire je conseille vivement de stériliser les chats qui sortent de la maison, si l’expérience d’avoir une portée reste un souvenir impérissable dans la mémoire de votre famille, limitez-vous à une seule nichée et faite opérer la chatte dès qu’elle aura terminé d’allaiter et d’éduquer ses petits.

 

Le chien craintif : mieux le connaître pour mieux le comprendre.   

Lorsqu’une personne est confrontée à un chien qui a une posture « basse » (queue collée sous le ventre entre les pattes arrière, détournement de la tête, yeux fuyants et oreilles basses) avec une tendance à fuir son contact, elle a tendance à en déduire que l’animal a dû avoir un lourd passé et/ou subi des maltraitances lorsqu’il était plus jeune ! C’est effectivement une possibilité, sans être une généralité.

La peur est principalement transmise génétiquement. En effet, si dans la lignée du chiot, un des reproducteurs est craintif, il y a un pourcentage non-négligeable qu’au moins un des petits de sa descendance le soit aussi. D’où l’importance, en choisissant un chiot chez un éleveur, de demander à voir ses parents pour pouvoir observer leur comportement, ce qui vous donnera des informations sur leur caractère !

La peur est renforcée (ou pas) suivant les expériences vécues quotidiennement. Dans la vie du chien, la période cruciale est celle de l’imprégnation (appelée également socialisation primaire). Cette période sensible, assez courte, se situe de la 3ème à la 12ème semaine de vie du chiot  (ce qui est une moyenne, car chaque chiot évolue différemment et cette période d’imprégnation peut donc être flexible suivant l’individu), âge où son cerveau est en plein développement. Pendant ce laps de temps, il acquiert les bases de ses compétences sociales. Ce processus d’apprentissage (pendant lequel les informations et les compétences sont acquises et non pas transmises génétiquement) est puissant et rapide. Il façonne le cerveau de façon quasi définitive. Il est donc crucial que toutes les expériences vécues par le chiot, pendant cette période, soient positives. Si cette dernière est bien « gérée » par son propriétaire, elle peut permettre à son cerveau d’établir de nouvelles cartes cognitives qui s’inscriront dans ses neurones. Le chien craintif pourra donc apprendre à se socialiser aux différentes espèces qu’il sera amené à côtoyer (humains, chiens, chats, …), à connaître des environnements différents, des bruits et stimuli variés, l’apprentissage des auto-contrôles, … Tous ces éléments seront classés et mémorisés dans des référentiels auxquels le chien pourra se rapporter tout au long de sa vie en cas de nouvelle situation à gérer. Il va de soi que, si cette période d’imprégnation est mal vécue, le chiot craintif n’aura pas les « outils » nécessaires pour l’aider à gérer ses nouvelles expériences… sachant que les apprentissages qui s’effectuent après la période d’imprégnation sont 10 à 100 fois plus difficiles à intégrer !

Le chien craintif peut adopter divers comportements face à ce qui lui fait peur. Les 3 attitudes principales sont la fuite, l’agression ou le fait de se bloquer. Elles peuvent s’exprimer séparément ou ensemble. Il est très important de ne jamais acculer ou forcer le contact avec un chien craintif car, si celui-ci se sent en danger et sans possibilité de fuir, il y a un risque important qu’il attaque l’élément perturbateur (humain, animal ou mécanique).

Il est fréquent que, lorsqu’un chien craintif se trouve dans un chemin sur lequel arrive, face à lui, un joggeur ou un vélo, il se précipite sur lui ! Ce comportement s’appelle de l’agression pro-active de distancement. En fait, le chien essaye d’éloigner l’élément qui lui fait peur avant que celui-ci ne le rejoigne. Or, comme il y a quasi systématiquement une montée émotionnelle couplée à cette situation, il y a un risque de perte de contrôle avec possibilité de morsure !

Il est possible de réduire ces comportements gênants de plus ou moins 40%, même chez un chien adulte. Différentes techniques de rééducation comportementales existent comme, par exemple, le contre-conditionnant (classique et opérant) qui va agir sur son émotionnel, auquel on associera l’apprentissage de comportements alternatifs. Pour appliquer ces techniques, il est important de faire appel à un professionnel du monde canin (comportementaliste ou vétérinaire spécialiste en comportement) qui vous apprendra à les utiliser et vous guidera afin que vous appreniez à entraîner, de façon autonome, votre animal.

Voici quelques attitudes à adopter face à un chien craintif (liste non-exhaustive) :

– ne pas le regarder en face, dans les yeux : préférer le détournement du regard ou mieux, ignorer le chien qui, s’il le souhaite, viendra naturellement vers vous ;

– mettre de la distance entre vous et lui : le plus beau cadeau que vous puissiez lui faire ;

– ne pas hésiter à lui donner, au sol, quelques friandises appétentes : il est important de ne pas essayer de lui faire prendre les bonbons dans votre main car il y a peu de chances pour qu’un chien craintif vienne jusqu’à vous. Jetez-les par terre et éloignez-vous ;

– ne jamais le bloquer ou le contraindre, cela risquerait d’augmenter son déséquilibre émotionnel : dans ce cas, le chien n’est plus capable de comprendre, ni d’apprendre avec le risque qu’il réagisse en mordant.

Retenez bien, si vous êtes le propriétaire d’un chien craintif, qu’il ne faut pas vouloir le forcer à tout prix ! Des solutions existent pour lui permettre d’évoluer vers un équilibre émotionnel et une meilleure gestion des situations stressantes. N’hésitez-pas à vous faire aider par un spécialiste du comportement canin et laissez à votre chien le temps de s’habituer à vous et à sa nouvelle vie en famille.

Anne-Sophie Muffat

Bibliographie:

« Pathologie du comportement du chien et du chat », Valérie Dramard (Éditions Med’Com) « Tout sur la psychologie du chien », Joël Dehasse (Éditions Odile Jacob) « Les fondements de l’éthologie », Konrad Lorenz (Champs Sciences, Éditions Flammarion)

Anne-Sophie Muffat+ 32 (0)473 88 76 81

www.comportementaliste-chien-chat.be

http://www.comportementaliste-chien-chat.be/

1180 Uccle (Bruxelles) – 5080 Warisoulx / La Bruyère (Namur)

Co-fondatrice de l’ABCAEB (Association Belge des Comportementalistes Animaliers Éthiques et Bienveillants)